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vendredi 29 mars 2013

"La princesse de Babylone" de Voltaire


Lecture achevée le 8 mars 2013

Formosante, la princesse de Babylone et la femme la plus belle que le monde ait connu, est en quête d’un époux. Un par un, tous les plus grands lui font la cour : le pharaon d’Egypte, le roi des Indes, etc. C’est finalement d’un illustre inconnu dont elle tombe amoureuse.  Il se nomme Amazan et vient du pays de Gangarides où tous les hommes sont égaux dans la paix et l’harmonie. Le coup de foudre est réciproque, mais malheureusement la mort de son père oblige Amazan à quitter Babylone sur le champ. Formosante se lance alors dans un long périple à la recherche de son amour. Tous deux traversent de nombreuses contrées et se manquent à chaque fois de peu, avant de finalement se retrouver en Espagne.

Ce conte philosophique de Voltaire est en fait une critique violente de la société dans laquelle il vit, et des pratiques des différents pays que traversent les deux amants.  Il pointe avec un certain humour les défaillances des régimes politiques et des religions de l’époque, et rit de la condition humaine et de l’homme infidèle.
Ce livre m’a plu dans l’ensemble, même si je ne peux pas dire que j’ai été captivé. Mais il s’agit surtout d’un magnifique objet tant il est soigné et superbement illustré par Kees Van Dongen. Superbe ouvrage.

dimanche 27 septembre 2009

"L'affaire Calas et autres affaires" de Voltaire

Lecture achevée le 17 septembre 2009

Le soir du 13 octobre 1761, Marc-Antoine Calas dîne en compagnie de ses parents et de son frère à leur domicile situé à Toulouse. Ne se sentant pas très bien, il se lève de table et quitte la salle à manger. Quelques moments après, une fois le repas terminé, le reste de la famille quitte la salle à manger et découvre le corps sans vie de Marc-Antoine dans la pièce à côté.
C’est alors que tout s’enchaîne et que, malgré une série de faits évidents permettant de démontrer leur innocence, la famille Calas est accusée de meurtre et mise aux arrêts. Le père est immédiatement condamné au supplice de la roue et exécuté, laissant le reste de sa famille dans la souffrance et les larmes.
Voltaire est révolté contre la société cruelle et corrompue de l’époque. Avec ce livre il voulait dénoncer cette injustice, ainsi que plusieurs autres tragiquement similaires (l’affaire Sirven, l’affaire Lally, celle du chevalier de la Barre). Au cours de sa vie il prônait sans relâche une société plus juste, comme l’illustre son célèbre Traité sur la Tolérance retranscrit dans ce livre également.

Cet ouvrage n’a rien à voir avec les Micromégas, Zadig ou autre Candide que j'ai lus précédemment. Il s’agit d’un témoignage de la vie et de la société de l’époque qui préoccupait tant Voltaire. J’avoue que je l’ai trouvé nettement moins prenant que ses récits imaginaires plus philosophiques, même s’il reste néanmoins troublant que personne n’ai finalement jamais su qui avait tué Marc-Antoine Calas !

dimanche 28 juin 2009

"Candide ou l'Optimisme" de Voltaire

Lecture achevée le 22 juin 2009

Candide est un jeune homme de bonne famille qui fut éduqué suivant la doctrine providentialiste défendue par Leibniz, selon laquelle "tout est toujours pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles". Contraint de quitter le château familial à cause de son amour pour Melle Cunégonde, il commence un long périple à travers les différents continents. Malgré une volonté profonde de toujours faire le bien et de rendre service à son prochain, il ne lui arrive que des malheurs au cours des différentes étapes de son voyage. Il est battu à maintes reprises pour des méfaits qu'il n'a pas commis, torturé, chassé, emprisonné, volé et trompé de multiple fois. Malgré tous ses malheurs, fidèle à son éducation originale, il continue à croire à chaque fois que ce qui lui arrive n'est qu'un mal pour un bien, et que c'est ce qui pouvait lui arriver de mieux dans le meilleur des mondes possibles. Ce n'est que vers la fin de son périple, après tant d'acharnement contre lui et de souffrances, qu'il commence à mettre en doute cette philosophie.

Comme la plupart des œuvres de Voltaire, on retrouve dans ce récit une réflexion sur son temps et une dimension philosophique, cachées derrière une histoire racontée de manière élégante, simple et dynamique que j'apprécie toujours autant. Il exprime ici son désaccord sur les théories inconditionnellement optimistes du leibnizianisme en confrontant Candide à tous les maux, pour le forcer à tirer l'inévitable conclusion. On y trouve en outre plusieurs références à la Bible (notamment au péché originel), à la Providence, au manichéisme ainsi qu'au mal qui se trouve en chaque Homme. Plusieurs parallèles à Zadig sont également tracés.
On retiendra finalement la dernière phrase prononcée par Candide, résumant probablement la position de Voltaire lui-même: "il faut cultiver notre jardin", cad progresser vers un modèle de société où un déisme positif rend la tolérance inutile, et où chacun contribue au bonheur de tous suivant ses possibilités.
Merci à Frédéric Deloffre pour sa réflexion intéressante sur cette œuvre.

samedi 31 janvier 2009

"Zadig ou la Destinée" de Voltaire

Lecture achevée le 27 janvier 2009

Zadig est un jeune babylonien doué d'une grande intelligence, d'un bon sens hors du commun et comblé par la nature. Il n'a d'autre envie que de propager le bien autour de lui et apporte généreusement son aide à son prochain chaque fois que l'occasion se présente. Prédestiné à une existence paisible et heureuse, il lui arrive au contraire de nombreux malheurs et désillusions au cours de son voyage au fil de la vie.
Ce livre raconte son histoire et son apprentissage dans un univers partagé entre le bien et le mal.
D'abord trahi successivement par ses deux amours, Zadig trouve refuge dans les sciences et la nature. Remarqué par le roi d'Egypte, il retourne ensuite dans le tourbillon du monde et devient Premier Ministre, éclairé et apprécié par la population pour son sens de la justice et son honnêteté. Rapidemment séduit par la reine, il se voit malheureusement contraint de fuir Babylone sous la menace de la jalousie du roi. C'est l'occasion pour lui d'un retour sur soi et d'une réflexion sur les caprices de la fatalité. Il devient esclave dans le désert et il se fait progressivement l’ami et même le confident de son maître, grâce à son habileté, sa science et sa sagesse. Peu de temps après il se voit pourtant condamné à mort pour avoir sauvé de nombreuses vies, et réussit à s'échapper de justesse. Il revient ensuite à Babylone où il est trahi à nouveau. Il rencontre alors l'ange Jesrad qui lui révèle une partie des mystères de la Destinée, et décide de revenir au palais pour retrouver la reine déchue. Grâce à ses talents intellectuels et oratoires, il se voit finalement couronné roi de Babylone. La grande ville devient une des plus prospères, mais Zadig, marqué par ses aventures, s’interroge sur le sens de la vie humaine.

J'ai à nouveau pris beaucoup de plaisir à lire ce roman ou conte philosophique. J'aime particulièrement le style d'écriture noble de Voltaire (typique de son siècle), mais également sa manière de critiquer habilement la société de l'époque, sa justice corrompue et arbitraire, son fanatisme religieux, ses abus de pouvoir et ses inégalités, et tout cela à travers une histoire facile à lire, rythmée et rebondissante.

samedi 11 octobre 2008

"Micromégas & L'Ingénu" de Voltaire

Lecture achevée le 28 septembre 2008

Micromégas est un habitant de Sirius. Comme tous ceux de sa planète, il est infiniment grand, infiniment sage et cultivé. L'étendue de ses connaissances n'a aucune pareille avec la nôtre, et afin de continuer à former son esprit et son cœur il décide d'entreprendre un voyage. Après être passé par Saturne, il arrive sur Terre où il établi le contact avec les minuscules animaux que nous sommes. Il constate avec intérêt que nous sommes doués d'une certaine forme primitive d'intelligence, et entame alors une discussion au sujet de l'âme humaine et de la place de l'homme dans l'univers, au cours de laquelle il s'amuse beaucoup de notre ignorance et de nos préjugés.
La seconde partie de ce livre raconte l'histoire d'un voyageur qui débarqua sur la côté française de Basse Bretagne en l'année 1689. Il venait d'un pays lointain, et avait reçu une éducation primitive et sans préjugé. Il avait sur tout un regard d'enfant, ne croyait que ce qu'il pouvait voir et profitait de chaque moment avec simplicité. On l'appela l'Ingénu. Il rentra très vite en contact avec la haute société française de l'époque, et y fut accueilli chaleureusement car on lui retrouva par chance quelque lien de parenté avec certains habitants de la région. La suite du texte raconte les aventures rocambolesques, discussions et épreuves sentimentales que vécu l'Ingénu dans ce monde nouveau pour lui, et au cours desquelles il jeta constamment un regard ironique sur la société de l'époque. Il s'étonna souvent de leur (notre) façon de se compliquer l'existence au lieu de profiter de la beauté de la vie à chaque instant.
Bien que j'aie une nette préférence pour le premier Micromégas, j'ai aimé ces 2 contes de Voltaire, et ce autant pour la réflexion philosophique sur notre société et sur l'homme qui s'en dégage, que pour le style d'écriture typique de l'époque (18ème siècle) que j'apprécie tant.
Le commentaire de Jaques Van den Heuvel est également intéressant car il permet de se rendre compte que de nombreux passages sont directement inspirés des événements réels et de l'état des connaissances (parfois incomplètes) de l'époque.