mercredi 19 décembre 2012

"L'enchanteur" de René Barjavel

Lecture achevée le 12 décembre 2012

Ce livre paru en 1984 vient s’ajouter à l’édifice monumental de la légende arthurienne en tournant les projecteurs vers une de ses figures mythiques, Merlin l’enchanteur. René Barjavel l’a écrit avec légèreté, modernité et une pointe d’humour (lorsqu’il y intègre des anachronismes tels que les boîtes de conserves ou la cheminée électrique), et ce tout en suivant scrupuleusement la trame originale dominée par la fameuse Quête du Graal.

La plupart d’entre nous l’imaginons avec une longue barbe blanche. Il n’en est rien ! Merlin est un homme jeune et d’une beauté touchant la perfection. Il est gracieux, vif et malicieux, un brin moqueur. Le temps n’a aucun effet sur lui. Ses pouvoirs magiques semblent illimités, et pourtant il est une chose qu’il ne peut accomplir seul : la Quête du Graal. Seul un chevalier au cœur pur pourra résoudre cette énigme, qui ramènera le bonheur dans le monde.
Merlin crée la Table Ronde pour réunir les plus preux autour du roi Arthur, et les lance dans la Quête. Il les aide autant qu’il peut, sans risquer de les compromettre, mais sa tâche est d’autant plus ardue que son père le Diable en personne ne cesse de l’éprouver.
Beaucoup tentent leur chance : Perceval, Gauvain, Lancelot du Lac que Merlin a élevé lui-même avec celle qui lui voue un amour infini Vivianne, et bien d’autres. Il n’arrive pas tous à les protéger, beaucoup n’en reviennent pas. Le Graal les dévaste, mais aussi l’amour impossible entre Lancelot et Guenièvre, l’épouse d’Arthur, qui finit par détruire ce magnifique royaume.
Il faudra finalement que vienne le jeune Galaad pour que le temps s’arrête, au beau milieu d’une hécatombe de feu et de sang. L’énigme est enfin résolue, mais le bonheur reviendra-t-il malgré tous ces ravages ?

Même s’il m’a fallu un temps fou pour le lire étant donné le peu de temps libre que j’ai eu ces derniers mois, chaque petit moment de lecture était un voyage. J’ai beaucoup apprécié cette œuvre, qui revisite une fois de plus un thème déjà très largement exploité mais toujours aussi magique. La petite touche de modernité qu’y apporte Barjavel vient épicer son histoire et y apporte une certaine originalité, mais sans pour autant l’éloigner des codes du Moyen Age que j’affectionne : le chevalier guerrier, le chevalier courtois et le chevalier en quête spirituelle.