mardi 15 février 2011

"Le Cyclope" de Euripide

Lecture achevée le 4 février 2011

Sur le retour d’Ilion, Ulysse et ses hommes débarquent sur la terre de l’Etna pour chercher quelque ravitaillement. Alors qu’ils s’apprêtent à échanger un peu de vin contre de la nourriture avec le vieux Silène, un ogre immonde de la race des Cyclopes les capture. Après avoir examiné lesquels de ses nouveaux prisonniers étaient les mieux en chair et les plus gras, le Cyclope en mange deux d’entre eux comme des friandises. Ulysse, anéanti et effrayé, n’en perd pas moins son sang froid et propose à l’ogre un peu de vin pour accompagner son repas. Dans le même temps, il demande discrètement au reste de ses hommes de faire chauffer un grand tison dans le feu. Le Cyclope y prenant goût, Ulysse lui verse de plus en plus de vin jusqu’à ce qu’il soit ivre. Une fois l’ogre endormi sous l’effet de la liqueur, Ulysse et ses hommes survivants brandissent le tison brûlant et transpercent l’œil unique du monstre. Ils prennent alors la fuite et quittent cette île maudite aussi vite qu’ils le peuvent.

Le Cyclope est une des créatures les plus fantastiques de la mythologie grecque. Sorte de géant n’ayant qu’un œil au milieu du front, j’ai fais pour la première fois sa connaissance dans l’Odyssée. Le scénario que raconte Homère est assez proche de cette tragédie d’Euripide, à quelques différences près comme la rencontre du vieux Silène qui livrera notre héro et ses hommes à l’ogre cruel. J’ai bien apprécié cette pièce qui m’a rappelé le voyage d'Ulysse bien sûr, mais également Olympos car on y comprend qu’Ulysse prend le nom de Personne par ruse pour tromper le monstre.

dimanche 13 février 2011

"Iphigénie en Tauride" de Euripide

Lecture achevée le 27 janvier 2011

Iphigénie est la fille du grand roi des Grecs Agamemnon. Sa vie devait être sacrifiée par son père pour que les dieux le laissent partir à la conquête de Troie, mais Artémis l’a sauvée in extremis et l’a déposée en Tauride, pays barbare où règne le roi Thoas. Elle y est instituée prêtresse du temple de la déesse, et se doit d’offrir en sacrifice tous les Grecs qui débarquent à ce rivage.
De son côté, Oreste a reçu une périlleuse mission de Phoibos. En guise de remède à cet égarement qui sans cesse l’agite depuis le meurtre de sa mère Clytemnestre pour venger son père, il doit se rendre sur la terre Taurique, y trouver le temple d’Artémis et y subtiliser sa statue sacrée pour la ramener à Athènes.
Ne connaissant pas le sort que cette contrée réserve à chaque Grec qui y débarque, Oreste est fait prisonnier dès qu’il y pose le pied, et est amené devant la prêtresse d’Artémis pour être sacrifié selon la coutume. Il y reconnait avec stupeur sa sœur Iphigénie, qui retrouve également son frère tant aimé. Emerveillés par ces retrouvailles inespérées, ils mettent au point un stratagème pour s’évader ensemble de ce pays. Iphigénie signifie au roi Thoas que ce Grec à peine débarqué est un parricide, et qu’il ne peut être offert en sacrifice à la déesse sans avoir été purifié au préalable dans la mer. Ses mains ayant touché la statue sacrée, cette dernière se doit d’être purifiée également. En outre, la prêtresse précise que cette purification peut prendre du temps et qu’elle ne doit en aucun cas être dérangée. Elle demande également au roi que chaque habitant de la ville reste chez lui pendant l’accomplissement de ce rite afin d’être protégé du mauvais sort. Thoas la remercie sincèrement du souci qu’elle a de son peuple, et accède à toutes ses demandes sans se rendre compte qu’il participe à l’évasion de sa captive et de son frère.
Une fois parvenus à la mer, Iphigénie et Oreste embarquent tranquillement à bord de son bateau qui les attendait et prennent le large avec la statue sacrée vers la ville de leurs origines.

Cette pièce se rapproche d'Hélène que j’ai lue précédemment du même auteur, où les deux époux se retrouvent également après tant d’années et mettent au point un plan pour tromper la vigilance du roi et s’enfouir vers leur pays. On y retrouve à nouveau Oreste, perpétuellement tourmenté il me semble. Cette fois, c’est après avoir tué sa mère (comme décrit dans la pièce Electre de Sophocle) que l’oracle d’Apollon l’envoie avec son fidèle Pylade à la rencontre de sa sœur perdue pour lui donner finalement quelque réconfort. Cette tragédie est bien conçue et joliment écrite comme à l’habitude de son illustre auteur.