dimanche 9 mai 2010

"Antigone" de Bertolt Brecht

Lecture achevée le 7 mai 2010

Antigone ne peut supporter de laisser son frère Polynice sans sépulture, et décide de l’honorer malgré les ordres de Créon. Prise sur le fait, elle est capturée et amenée devant le roi qui ne peut accepter cet affront même de la part de sa nièce, et la condamne à mort. Son fiancé Hémon, fils de Créon, ne peut survivre à son décès et met également fin à ses jours.
L’Antigone de Brecht m’a quelque peu déçue, car comme celle de Cocteau (malgré un style d’écriture très différent) elle ne se distingue que très peu de l’œuvre originelle de Sophocle. A l'exception de la fin de la pièce qui s’en détache assez bien, Brecht l’a peu personnalisée dans l’ensemble, à l’inverse d’Anouilh par exemple qui en a fait un récit d’une grande originalité.
On y fait néanmoins la connaissance de Mégarée, deuxième fils de Créon que je ne connaissais pas auparavant, qui mène son armée l’assaut des murailles d’Argos au moment où la scène se déroule à Thèbes. On y apprend que la guerre tourne largement à l’avantage d’Argos depuis que Créon a décidé de faire pendre tous ceux de son armée qui ont désapprouvé sa décision de laisser Polynice sans sépulture. Quelques instants après qu’il ait jugé Antigone pour son acte de trahison, le roi reçoit d’ailleurs la nouvelle de la mort de Mégarée sur le champ de bataille. Désemparé, il fait chercher son fils Hémon pour qu’il mène ses troupes d’élite afin de reprendre le dessus sur Argos. Mais Hémon vient de se tuer par amour pour Antigone, ce qui selon Créon ne peut avoir pour autre issue que la chute prochaine de Thèbes toute entière.

Brecht publie cette oeuvre en 1944 en pleine seconde guerre mondiale. Il la signe d'ailleurs d'un tragique prologue mettant en scène deux soeurs qui assistent les yeux fermés à l'exécution de leur frère considéré comme un traître par les SS. Que ferait Antigone dans cette terrible situation?

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