lundi 5 avril 2010

"Oedipe Roi" de Sophocle

Lecture achevée le 2 avril 2010

Une terrible malédiction pèse sur Œdipe: il est dit qu’il s’accouplera avec sa mère, engendrera une lignée abominable, et sera l’assassin de celui dont il est né.
Effrayés par cette monstrueuse prophétie, le roi de Thèbes Laïos et la reine Jocaste demandent à un serviteur de supprimer leur fils dès sa naissance. Le serviteur l’emmène, mais pris de pitié il ne se résous pas à lui prendre la vie et le remet à un berger qui le remet ensuite à Polybe, roi de Corinthe, qui s’en prend d’affection et l’élève comme son fils.
Œdipe grandit dans la crainte chaque jour de voir la prophétie se réaliser. Afin d’éviter tout risque de porter atteinte à ceux qu’il croit être ses parents Polybe et sa femme, il s’éloigne le plus possible de Corinthe. Arrivé à l’âge adulte, il trouve la solution au chant de la Sphinx et cette circonstance héroïque lui vaut de se retrouver sur le trône de Thèbes et de prendre pour épouse la reine Jocaste, veuve de Laïos tué lors d’un voyage quelques années auparavant.
Une grande épidémie s’abat alors sur Thèbes.
Créon, frère de Jocaste, reçoit le remède à ce fléau de la voix du dieu Apollon : il faut punir le meurtre de Laïos. Il se met donc en quête de l’assassin, soutenu par Œdipe prêt à tout pour enrayer l’épidémie qui décime son royaume.
Afin de trouver le meurtrier, Créon fait venir Messire Tirésias, réputé pour voir tout ce que sait voir le dieu. Après un moment d’effroi devant Œdipe à l’idée de ce qu’il va révéler, Tirésias parle. Œdipe lui-même est celui qui a tué Laïos.
Le roi rejette violemment cette insulte et chasse Tirésias, qui remet également en doute la lignée corinthienne dont il est issu. Œdipe accuse Créon d’avoir arrangé cette humiliation afin de s’emparer de la couronne.
Jocaste entre alors en scène. Elle raconte les circonstances de la mort de Laïos, et Œdipe commence à trembler car il se rend compte qu’il a effectivement tué un homme de la même manière quelques années auparavant. Il reste un témoin de ce crime, et Œdipe l’envoie chercher sur le champ afin de le confronter et de mettre fin à ses doutes.
C’est alors qu’arrive un messager portant une triste nouvelle: la mort de Polybe. Il apparaît que cet homme porteur du message n’est autre que le serviteur qui fut chargé autrefois de supprimer l’enfant maudit, et par une suite de discussions il révèle qu’Œdipe n’est pas le fils de Polybe mais bien celui de Jocaste et Laïos. Il s’est donc bien accouplé avec sa mère comme le prédisait la prophétie.
Œdipe est effondré et Jocaste le supplie de ne pas aller plus loin dans l’enquête, mais c’est impossible de s’arrêter là. Elle se retire avec déchirement et se cloître dans leur chambre conjugale.
Le témoin de la mort de Laïos arrive enfin et confirme ce qu’ils craignaient tous. Œdipe est bien celui qui a tué son père. La malédiction s’est réalisée en tous points.
Œdipe est anéanti et s'en retourne au palais. Il est alors achevé par la découverte du suicide de son épouse, pendue dans leur chambre conjugale. Devenant à moitié fou, Œdipe arrache les agrafes d’or qui ornent les vêtements de Jocaste et se les plante à de multiple reprises dans les orbites, se précipitant dans la nuit noire de l’enfer pour l’éternité.

Œdipe Roi, représenté pour la première fois vers 430 avant J.-C., est, avec Antigone, la plus célèbre et la plus admirée des tragédies antiques. J’ai dévoré ce livre d’une construction dramatique et d’une harmonie parfaite, et également d’une étonnante accessibilité. Je l’ai d’autant plus apprécié qu’il est également le point de départ du roman initiatique Œdipe sur la route de l’auteur contemporain Henry Bauchau dont j’admire tellement l’œuvre. Il permet d’en comprendre le contexte en profondeur et de s’immerger au plus profond de ce voyage formidable au cœur de la mythologie grecque.

3 commentaires:

L'or des chambres a dit…

Franchement j'avoue ne pas trop avoir envie de me lancer dans un livre pareil en ce moment... Besoin de quelque chose d'un peu plus léger... Mais c'est toujours un plaisir de lire tes billets, on y reconnait bien un vrai passionné de lecture. A bientôt Benjamin, je te souhaite un très bon week end. Qu'elle est ta prochaine lecture ?

Benjamin a dit…

J'avoue que ce n'est pas le récit le plus joyeux que je connaisse, mais c'est en effet passionnant, et ça m'emmène encore plus loin dans la découverte des ce roi maudit pour lequel je me suis pris d'affection.
En ce qui concerne les prochaines lectures, je reste avec Sophocle pour un moment avec les pièces "Antigone" et "Oedipe à Colone" qui finiront de poser les bases de ce bel édifice mythologique.
J'entreprendai ensuite la découverte d'Antigone à travers le 20ème siècle avec Cocteau (1922), Anouilh (1944) et Bercht (1948).
Après ça je suppose que la boucle sera plus ou moins bouclée et que je m'en irai vers d'autres horizons.

L'or des chambres a dit…

Et bien... Un superbe programme on dirait...
Quand j'aurais récuperé toutes mes neurones je pourrais peut-être essayée de m'y lancer ! C'est vrai que pour l'instant, j'ai lu très peu de théatre. Bonne soirée