dimanche 11 avril 2010

"Antigone" de Sophocle

Lecture achevée le 8 avril 2010

Les deux frères d’Antigone, Etéocle et Polynice, sont morts au combat, chacun tombé sous les coups de l’autre. Créon a repris le trône de Thèbes. Considérant Etéocle comme défenseur de la ville et Polynice comme un traître, il accorde au premier les funérailles traditionnelles, mais les refuse au second, qu’il ordonne de laisser sans tombeau ni sépulture, pâture et jouet des oiseaux et des chiens.
Antigone ne peut accepter cela. Polynice est son frère, et il faut qu’elle honore sa mort même contre le gré du nouveau roi. Elle enseveli donc discrètement son frère défunt, mais est ensuite capturée et amenée devant Créon. Il est furieux de voir sa volonté bafouée, et la condamne à mort pour cela. Hémon, son fils, tente de le dissuader de toutes ses forces. Il aime Antigone. Malheureusement rien n’y fait.
Antigone est enfermée au fond d’un souterrain creusé dans le rocher, destinée à mourir seule à l’abri des regards.
Le roi consulte alors son conseiller Tirésias. Ce dernier le met en garde contre cet agissement, effrayé par les malheurs qui pourraient s’abattre sur lui pour avoir condamné une fille qui ne voulait que le bien. Créon rejette d’abord ses propos, mais Tirésias est convaincant et il décide finalement de libérer Antigone sur le champ.
Il arrive malheureusement trop tard. Une fois le souterrain ré-ouvert, il constate qu’Antigone n’est plus et que, devant cette tragédie, Hémon n’a pas eu la force de continuer à vivre non plus.
Créon est dévasté, et ne comprend toute l’ampleur du malheur qui s’abat sur lui qu’à son retour au palais où il apprend que sa femme Eurycide s’est également tranchée la gorge en apprenant la mort de son fils.

Antigone, écrite vers 440 avant J.-C., est sans doute la tragédie grecque la plus célèbre et la plus achevée. C’est la pièce qui représente le tragique de la condition humaine de la façon la plus saisissante.
Considérée comme une référence, cette pièce est reprise de multiples fois à travers l’Histoire et encore au siècle dernier avec Jean Cocteau en 1922, Jean Anouilh en 1944, Bertolt Brecht en 1948, et Henry Bauchau (roman) en 1997. Antigone reste donc bien vivante et actuelle, comme nous le rappelle Hannah dans cette autre magnifique adaptation pour l’opéra de Bauchau La lumière Antigone.

Aucun commentaire: