dimanche 3 janvier 2010

"Une fourmi de 18 mètres... ça n'existe pas" de Ivan Gavriloff et Bruno Jarrosson

Lecture achevée le 17 décembre 2009

Ceux qui réussissent sont ceux qui se différencient. Ceux qui se différencient sont ceux qui innovent. Ceux qui innovent sont ceux qui savent se montrer créatifs.
La clé du succès d’une organisation est là. Prenez Apple, Google ou Facebook. Ils sont arrivés un beau jour sur le marché avec quelque chose qui n’existait pas, quelque chose de différent. Jackpot!
Ce livre aborde le thème de la créativité de manière très intéressante.
Le premier sujet développé est le processus de création d’idées. En prenant des exemples concrets (grands inventeurs du monde moderne), les auteurs font une série d’observations dont la plus remarquable est probablement que "le mystère de la création opère quand la tension de la volonté se libère dans le relâchement". Ne dit-on pas très souvent que la nuit porte conseil?
Le deuxième thème évoque les principales raisons pour lesquelles il n’est pas si évident de trouver des bonnes idées. D’une certaine façon nous sommes tous "formatés" pour penser dans la même direction. Notre éducation, nos habitudes, notre expertise, notre servitude à la déduction (basé sur le postulat tacite "aux mêmes causes les mêmes effets" du philosophe Leibniz, contemporain de Voltaire auquel ce dernier rend une sorte d'hommage dans Candide ou l’Optimisme) sont autant d’obstacles à la créativité. Notre réalité est directement déterminée par ce que nous sommes (comme l’illustre à l’extrême Eric-Emmanuel Schmitt dans La secte des Egoïstes). Cela nous donne un pouvoir immense sur le monde qui nous entoure, mais nous amène également systématiquement à partir du même point de référence, alors que le fondement de l’efficacité des méthodes de créativité est justement de savoir regarder la réalité depuis un autre point d’observation.
Une autre section du livre suggère quelques méthodes intéressantes pour apprendre à être créatif (technique du martien, de l’empathie, etc).
Les auteurs nous expliquent également pourquoi selon eux la toute grande majorité des organisations ne sont pas vraiment créatives. Car ce n’est pas le tout d’avoir des idées, il faut également les mettre en œuvre. Et comme chacun le sait, les décisions prises ne sont réellement appliquées que si ceux qui doivent le faire y trouvent également un intérêt personnel. La bureaucratie est un poison, mais plus une organisation est bureaucratique, plus elle a de raisons (à tous les niveaux) de l’être encore plus.
La dernière section est une sorte de guide pour l’animation d’un groupe de créativité. Cette partie m’a beaucoup moins intéressée que le reste du livre qui se situe à un niveau nettement plus élevé de réflexion.

Dans l’ensemble ce bouquin est une véritable réussite. J’ai été captivé par certains passages, et j’ai beaucoup apprécié l’approche presque cartésienne de ce thème presque philosophique. Je le conseille vivement et tiens à remercier Marianne Dekeyser de me l’avoir renseigné sur son blog.
Une fourmi de 18 mètres… ça n’existe pas. Et pourquoi pas ?

1 commentaire:

Thomas a dit…

Merci pour ce feedback très intéressant et qui me donne l'envie de lire ce livre. Je note le titre dans ma liste "to read" ;-)