samedi 17 janvier 2009

"L'insoutenable légèreté de l'être" de Milan Kundera

Re-lecture achevée le 16 janvier 2009

Ce livre raconte l'histoire du couple improbable Tomas et Tereza, un brillant chirurgien de Prague et une jeune femme modeste et timide venue d'un coin perdu de Bohême. Elle se déroule durant la période appelée Printemps de Prague en Tchécoslovaquie (1968), où le parti communiste tchécoslovaque tente d'introduire un Socialisme à visage humain et se fait renverser par les Russes qui désirent étouffer ce programme de libéralisation qu'ils perçoivent comme une menace contre leur hégémonie sur l'Europe de l'Est.
L'auteur nous décrit l'évolution de ce couple depuis leur emménagement commun jusqu'à leur mort en passant par les tensions liées aux nombreuses infidélités de Tomas, leurs migrations (en Suisse notamment), leurs ruptures et leurs retrouvailles. Il en utilise également (et principalement je dirais) de nombreux passages pour élaborer une multitude de réflexions philosophiques, politiques, mythologiques (Tristan, Don Juan, Faust, Oedipe), voire métaphysiques sur le sens de la vie et des responsabilités de l'humanité.
Dans quelle mesure notre destin est-il écrit et devons-nous lui obéir/le suivre?
Lorsque le cœur a parlé, est-il convenable que la raison élève des objections?
L'Homme est-il digne de son pouvoir sur la création ou sa faillite fondamentale est-elle inexorable?
La dimension philosophique de l'inexpérience terrestre (inspirée de Nietzsche et Parménide) y est également omniprésente et a donné son titre à ce roman: La possibilité de recommencer et de répéter de notre vie surchargerait notre être d’un énorme fardeau de responsabilité; le fait qu’au contraire elle ne puisse pas se répéter lui confère une vertigineuse légèreté; d'où l'insoutenable légèreté de l'être.
Il n'existe aucun moyen de vérifier quelle décision est la bonne car il n'existe aucune comparaison. Tout est vécu de suite pour la première fois et sans préparation. Comme si un acteur entrait en scène sans jamais avoir répété. Mais que peut valoir la vie, si la première répétition de la vie est la vie elle-même?

Vous l'avez compris, j'ai beaucoup apprécié ce livre magnifiquement écrit et qui déclenche inévitablement une série de réflexions existentielles chez son lecteur. Il s'agit d'une œuvre exceptionnelle, splendidement riche et orchestrée (presque musicalement) d'une main de maître.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

J'ai vu le film de P. Kaufman avec Juliette Binoche notamment que j'ai trouvée excellente. Vous me donnez vraiment envie de passer au livre.
Anne