samedi 31 janvier 2009

"Zadig ou la Destinée" de Voltaire

Lecture achevée le 27 janvier 2009

Zadig est un jeune babylonien doué d'une grande intelligence, d'un bon sens hors du commun et comblé par la nature. Il n'a d'autre envie que de propager le bien autour de lui et apporte généreusement son aide à son prochain chaque fois que l'occasion se présente. Prédestiné à une existence paisible et heureuse, il lui arrive au contraire de nombreux malheurs et désillusions au cours de son voyage au fil de la vie.
Ce livre raconte son histoire et son apprentissage dans un univers partagé entre le bien et le mal.
D'abord trahi successivement par ses deux amours, Zadig trouve refuge dans les sciences et la nature. Remarqué par le roi d'Egypte, il retourne ensuite dans le tourbillon du monde et devient Premier Ministre, éclairé et apprécié par la population pour son sens de la justice et son honnêteté. Rapidemment séduit par la reine, il se voit malheureusement contraint de fuir Babylone sous la menace de la jalousie du roi. C'est l'occasion pour lui d'un retour sur soi et d'une réflexion sur les caprices de la fatalité. Il devient esclave dans le désert et il se fait progressivement l’ami et même le confident de son maître, grâce à son habileté, sa science et sa sagesse. Peu de temps après il se voit pourtant condamné à mort pour avoir sauvé de nombreuses vies, et réussit à s'échapper de justesse. Il revient ensuite à Babylone où il est trahi à nouveau. Il rencontre alors l'ange Jesrad qui lui révèle une partie des mystères de la Destinée, et décide de revenir au palais pour retrouver la reine déchue. Grâce à ses talents intellectuels et oratoires, il se voit finalement couronné roi de Babylone. La grande ville devient une des plus prospères, mais Zadig, marqué par ses aventures, s’interroge sur le sens de la vie humaine.

J'ai à nouveau pris beaucoup de plaisir à lire ce roman ou conte philosophique. J'aime particulièrement le style d'écriture noble de Voltaire (typique de son siècle), mais également sa manière de critiquer habilement la société de l'époque, sa justice corrompue et arbitraire, son fanatisme religieux, ses abus de pouvoir et ses inégalités, et tout cela à travers une histoire facile à lire, rythmée et rebondissante.

lundi 19 janvier 2009

"Petite histoire qui part de rien ou d'un mensonge ou d'un désir et qui n'a pas de fin" de Annick Ghijzelings

Re-lecture le 19 janvier 2009

Ce tout petit livre est sans doute une lettre d'amour. Une lettre passionnée à celui/celle qui part et qui est pourtant tout. Une lettre écrite d'une main tremblante au goût de sel, comme pour tenter d'avancer. Cela ressemble à un adieu, un hommage à l'amour qui durera toujours.

samedi 17 janvier 2009

"L'insoutenable légèreté de l'être" de Milan Kundera

Re-lecture achevée le 16 janvier 2009

Ce livre raconte l'histoire du couple improbable Tomas et Tereza, un brillant chirurgien de Prague et une jeune femme modeste et timide venue d'un coin perdu de Bohême. Elle se déroule durant la période appelée Printemps de Prague en Tchécoslovaquie (1968), où le parti communiste tchécoslovaque tente d'introduire un Socialisme à visage humain et se fait renverser par les Russes qui désirent étouffer ce programme de libéralisation qu'ils perçoivent comme une menace contre leur hégémonie sur l'Europe de l'Est.
L'auteur nous décrit l'évolution de ce couple depuis leur emménagement commun jusqu'à leur mort en passant par les tensions liées aux nombreuses infidélités de Tomas, leurs migrations (en Suisse notamment), leurs ruptures et leurs retrouvailles. Il en utilise également (et principalement je dirais) de nombreux passages pour élaborer une multitude de réflexions philosophiques, politiques, mythologiques (Tristan, Don Juan, Faust, Oedipe), voire métaphysiques sur le sens de la vie et des responsabilités de l'humanité.
Dans quelle mesure notre destin est-il écrit et devons-nous lui obéir/le suivre?
Lorsque le cœur a parlé, est-il convenable que la raison élève des objections?
L'Homme est-il digne de son pouvoir sur la création ou sa faillite fondamentale est-elle inexorable?
La dimension philosophique de l'inexpérience terrestre (inspirée de Nietzsche et Parménide) y est également omniprésente et a donné son titre à ce roman: La possibilité de recommencer et de répéter de notre vie surchargerait notre être d’un énorme fardeau de responsabilité; le fait qu’au contraire elle ne puisse pas se répéter lui confère une vertigineuse légèreté; d'où l'insoutenable légèreté de l'être.
Il n'existe aucun moyen de vérifier quelle décision est la bonne car il n'existe aucune comparaison. Tout est vécu de suite pour la première fois et sans préparation. Comme si un acteur entrait en scène sans jamais avoir répété. Mais que peut valoir la vie, si la première répétition de la vie est la vie elle-même?

Vous l'avez compris, j'ai beaucoup apprécié ce livre magnifiquement écrit et qui déclenche inévitablement une série de réflexions existentielles chez son lecteur. Il s'agit d'une œuvre exceptionnelle, splendidement riche et orchestrée (presque musicalement) d'une main de maître.