jeudi 16 octobre 2008

"L'homme qui plantait des arbres" de Jean Giono

Lecture achevée le 6 octobre 2008

Elzéard Bouffier possédait autrefois une ferme dans la plaine. Mais suite à la mort de son fils unique et de sa femme, il décida de se retirer dans la solitude sur une montagne désertique et abandonnée de cette très vieille région des Alpes qui pénètre la Provence. Il prit plaisir à y vivre lentement avec son chien et quelques brebis.
Un jour, jugeant que cette région mourrait par manque d'arbres, il se résolu à remédier à cela et commença à en planter. Il en planta d'abord quelques uns, puis de plus en plus, et ce jusqu'à y passer tout son temps. Inlassablement, il sélectionnait jour après jour les meilleures graines, les plantait soigneusement dans différents types de sols pour observer leur évolution, et recommençait patiemment les plantations qui échouaient. A force de persévérance et de générosité, il fit petit à petit renaître un paysage vert et vivant au milieu de cette lande desséchée. Grâce à ses arbres, un ruisseau réapparu, une brise souple chargée d'odeurs vint remplacer les bourrasques sèches et brutales, et finalement quelques familles vinrent progressivement s'installer dans ce bel endroit.
Après de nombreuses années de labeur, Elzéard Bouffier mourut paisiblement au milieu du siècle dernier.
Sans que personne (presque) ne sut qu'il en était l'origine, il laissa derrière lui un village entier d'hommes et de femmes bien nourris, de garçon et de filles qui savent rire et qui ont repris goût aux fêtes campagnardes.

En plus d'être très joliment écrit, ce tout petit livre est touchant par sa simplicité et son message d'espoir et de générosité. Bien sûr il est terriblement actuel en mettant en avant l'importance de la nature et des arbres comme poumons de l'humanité, mais il va également bien au-delà en illustrant à travers cet homme toute la beauté de savoir donner sans recevoir et du don de soi récompensé au centuple par le bonheur des autres.
Pour finir je me permettrai de reprendre l'introduction de l'auteur qui m'a particulièrement touchée:
"Pour que le caractère d'un être humain dévoile des qualités vraiment exceptionnelles, il faut avoir la bonne fortune de pouvoir observer son action pendant de longues années. Si cette action est dépouillée de tout égoïsme, si l'idée qui la dirige est d'une générosité sans exemple, s'il est absolument certain qu'elle n'a cherché de récompense nulle part et qu'au surplus elle ait laissé sur le monde des marques visibles, on est alors, sans risque d'erreurs, devant un caractère inoubliable".

4 commentaires:

vinciane a dit…

Contente qu'il t'ait plu! C'est vrai que l'introduction est d'une grande beauté. Je pense d'ailleurs qu'elle porte tout le récit qu'il faut lire d'un seul souffle. Sans elle, il nous aurait même peut-être paru un peu anecdotique... Je constate par ailleurs que tes lectures me plaisent de plus en plus... J'y reviendrai sans doute bientôt!

Benjamin a dit…

Et je me doute que la lecture suivante risque de te plaire également vu que c'est toi qui me l'as indirectement proposée! D'ici peu tu verras mon avis sur "Vipère au poing" de Hervé Bazin.

vinciane a dit…

Waouw! Je l'adore, mais je préfère encore "La mort du petit cheval" qui est la suite de "Vipère au poing". Elegance et intelligence de l'auteur comme du héros dont je suis tombée éperdument amoureuse cet été ! Bonne lecture!

sylvie a dit…

c'est un très beau livre que j'aime beaucoup. Je le connais dans son édition pou la jeunesse, et j'aime beaucoup aussi le très poétique dessin animé de Frédéric Back qui est une adaptation de ce texte.