mardi 28 octobre 2008

"Vipère au poing" de Hervé Bazin

Lecture achevée le 28 octobre 2008

Ce livre raconte l'enfance douloureuse des trois frères Rezeau, martyrisés sans relâche par leur mère cruelle et autoritaire qu'ils surnomment Folcoche (contraction de folle cochonne).
Nous traversons cette histoire aux côtés de Jean, le second des trois frères, et également celui sur lequel s'acharne le plus la haine de leur vipère de mère. Nous vivons avec lui le combat impitoyable qu'il doit mener au quotidien pour survivre à cette avalanche de méchanceté. Et petit à petit, au fur et à mesure des années, nous le voyons s'en détacher progressivement et transformer cet acharnement en un jeu malsain entre deux adversaires dont chacun souhaite la destruction de l'autre. Les années passant, il devient de plus en plus malicieux et parvient à répondre chaque fois plus subtilement aux attaques de son ignoble mère. Il sortira finalement vainqueur de l'ultime affrontement en la piquant à son propre venin. Il en sortira finalement "vipère au poing".
Même si j'en suis désolé pour l'auteur car on dit que cette œuvre est largement autobiographique, j'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce livre tant grâce à son excellente qualité d'écriture que grâce à son histoire touchante dont j'étais chaque fois impatient de connaître la suite.
Merci à ma cousine Vinciane pour ce bon conseil.
Je me réjouis maintenant de lire la suite des aventures de Jean Rezeau dans "La mort du petit cheval" dont je ne manquerai pas de partager ici mes impressions dans quelques semaines.

dimanche 19 octobre 2008

"Lettres à un jeune poète" de Rainer Maria Rilke

Lecture achevée le 13 octobre 2008

J'ai reçu ce petit livre de mon père le soir de Noël 2006. Il l'avait beaucoup inspiré dans ses travaux littéraires de l'époque, et plus spécialement dans l'écriture de "L'enzyme du bonheur" où il y fait de nombreuses références.
Rainer Maria Rilke est un poète autrichien reconnu qui vécu de 1875 à 1926.
Franz Xavier Kappus, jeune officier à l'école militaire de Wiener Neustadt en Autriche, avait tout juste vingt ans en 1903 lorsqu'il décida d'écrire sa première lettre à Rilke, qu'il avait découvert un an plus tôt dans la bibliothèque de son école. Kappus était dévoré par l'envie d'écrire des poésies également et voulait prendre conseil auprès de Rilke qu'il admirait particulièrement.
Ce livre retranscrit fidèlement 10 lettres envoyées en réponse par Rilke à Kappus de 1903 à 1908. Elles permettent de comprendre le monde dans lequel vécu Rilke et sa vision de la condition de poète. Il donne une série de conseils à Kappus pour lui permettre de réussir son oeuvre. Il explique l'importance de la solitude, de l'amour, de l'insécurité, de ne pas se limiter à choisir la facilité, du mouvement.
Certes le contenu est intéressant pour celui qui désire se plonger dans l'écriture. Toutefois je trouve qu'il est composé de manière quelque peu désordonnée et manque parfois de clarté dans ses explications. De plus, j'ai trouvé dommage que les lettres de monsieur Kappus n'aient pas été incluses, car elles auraient permis de mieux comprendre certaines réponses de Rilke.
Toutefois il est un fait que je me dois de reconnaître: ce Rilke a tout d'un grand. Sa pensée est d'une exceptionnelle profondeur et son expérience est impressionnante. Il ne fait pas de doute qu'un petit détour par ce recueil serait utile à ceux qui désirent se lancer dans la poésie. D'ici là je clôturerai ce billet sur cette phrase symbolique de Kappus qui témoigne de son admiration pour Rilke: "Lorsque parle une grande figure originale, les petits doivent se taire".

jeudi 16 octobre 2008

"L'homme qui plantait des arbres" de Jean Giono

Lecture achevée le 6 octobre 2008

Elzéard Bouffier possédait autrefois une ferme dans la plaine. Mais suite à la mort de son fils unique et de sa femme, il décida de se retirer dans la solitude sur une montagne désertique et abandonnée de cette très vieille région des Alpes qui pénètre la Provence. Il prit plaisir à y vivre lentement avec son chien et quelques brebis.
Un jour, jugeant que cette région mourrait par manque d'arbres, il se résolu à remédier à cela et commença à en planter. Il en planta d'abord quelques uns, puis de plus en plus, et ce jusqu'à y passer tout son temps. Inlassablement, il sélectionnait jour après jour les meilleures graines, les plantait soigneusement dans différents types de sols pour observer leur évolution, et recommençait patiemment les plantations qui échouaient. A force de persévérance et de générosité, il fit petit à petit renaître un paysage vert et vivant au milieu de cette lande desséchée. Grâce à ses arbres, un ruisseau réapparu, une brise souple chargée d'odeurs vint remplacer les bourrasques sèches et brutales, et finalement quelques familles vinrent progressivement s'installer dans ce bel endroit.
Après de nombreuses années de labeur, Elzéard Bouffier mourut paisiblement au milieu du siècle dernier.
Sans que personne (presque) ne sut qu'il en était l'origine, il laissa derrière lui un village entier d'hommes et de femmes bien nourris, de garçon et de filles qui savent rire et qui ont repris goût aux fêtes campagnardes.

En plus d'être très joliment écrit, ce tout petit livre est touchant par sa simplicité et son message d'espoir et de générosité. Bien sûr il est terriblement actuel en mettant en avant l'importance de la nature et des arbres comme poumons de l'humanité, mais il va également bien au-delà en illustrant à travers cet homme toute la beauté de savoir donner sans recevoir et du don de soi récompensé au centuple par le bonheur des autres.
Pour finir je me permettrai de reprendre l'introduction de l'auteur qui m'a particulièrement touchée:
"Pour que le caractère d'un être humain dévoile des qualités vraiment exceptionnelles, il faut avoir la bonne fortune de pouvoir observer son action pendant de longues années. Si cette action est dépouillée de tout égoïsme, si l'idée qui la dirige est d'une générosité sans exemple, s'il est absolument certain qu'elle n'a cherché de récompense nulle part et qu'au surplus elle ait laissé sur le monde des marques visibles, on est alors, sans risque d'erreurs, devant un caractère inoubliable".

mardi 14 octobre 2008

"L'amour au bout des doigts" et "L'homme étrange" de François Noul

Lecture achevée le 5 octobre 2008

"L'amour au bout des doigts" est un spectacle qui fut joué au conservatoire de Charleroi en mars 1993 par Jacques Druaux et Liliane Van Wynendaele. Faute d'avoir pu y assister, j'ai pris plaisir à lire ses différentes histoires réunies dans ce petit livret, que j'ai reçu de l'auteur au cours d'une soirée littéraire où nous étions tous deux conviés.
Comme à son habitude, il n'a pas son pareil pour toucher en faisant le portrait de gens simples de la campagne, aimant la vie et les bonnes choses, comme Odon le colombophile ou Armand le braconnier épicurien. Sa façon d'enrober ses histoires de descriptions culinaires succulentes est un véritable délice.
"L'homme étrange" fut joué au café-théâtre de la Brasserie à Charleroi en janvier et février 2004. A nouveau je n'y ai pas assisté. Je n'ai pu que lire le texte. Mais malheureusement j'ai le sentiment que l'auteur s'est éloigné de son inspiration habituelle puisée aux sources de la nature, de la vie campagnarde et saine. Son écriture se fait, dans d'autres sujets, plus sobrement narrative, moins truculente et moins poétique. J'ai moins apprécié ce second recueil.
Mais dans l'ensemble c'est toujours un plaisir de s'offrir une petite excursion au pays de François Noul. Pour moi qui passe d'un avion à l'autre, d'une conférence téléphonique à la prochaine réunion, ces moment de retour aux sources et de pureté poétique font le plus grand bien. Il rappelle les vraies valeurs et ce qui doit compter réellement dans la vie.
Par conséquent je le laisserai à nouveau finir (comme dans mon précédent message) en souhaitant à tous ce qu'il souhaita à Armand le braconnier du temps, à savoir de "vivre nos rêves, et de déguster à la petite cuillère la quintessence de chaque minute que le ciel nous permettra de savourer ici-bas".

dimanche 12 octobre 2008

"La peau de chagrin" de Balzac

Lecture achevée le 1er octobre 2008

Je ne sais pas ce qui m'a pris de choisir ce grand classique du 19ème siècle sur l'étagère d'une librairie le mois dernier.
Je me souviens l'avoir lu dans mon adolescence. Il faisait partie du programme scolaire de mon lycée. Toutefois à cette époque, je dois avouer que mon intérêt pour ce type de littérature était très limité (voire inexistant), et que je l'ai donc certainement lu très "en diagonale", avec pour seul objectif de pouvoir répondre aux questions de l'interrogation écrite qui suivait probablement en classe.
Qui sait, peut-être ai-je enfin estimé (inconsciemment) qu'il était temps d'accorder à cette œuvre l'attention qu'elle mérite?
En quelques mots, elle raconte l'histoire d'un jeune homme prénommé Raphaël. La vie, l'amour et la fortune ont été tellement durs avec lui qu'il est sur le point de mettre fin à ses jours, lorsqu'il se voit proposé par un vieux marchand oriental d'acquérir un talisman pour le moins mystérieux. Il s'agit d'une peau de chagrin ayant le pouvoir d'exaucer les vœux de son propriétaire en échange d'une seule chose: sa vie. A chaque souhait exaucé, son espérance de vie diminuera, et ce jusqu'à la mort.
Vu son état de désespoir avancé, Raphaël accepte cet horrible pacte et décide de s'offir une vie de prince. Il devient riche et séduisant, réussit tout ce qu'il entreprend, et vit une romance somptueuse qui le conduira au mariage avec la plus belle des femmes. Toutefois, comme le prédisait sa peau de chagrin, son état de santé diminuait de plus en plus.
Rapidemment devenu le plus heureux des hommes, il décida de ne plus formuler de vœu afin de stabiliser son espérance de vie. C'est alors que le piège se referma sur lui, car le talisman continua d'exaucer absolument tous ses désirs sans qu'il puisse les contrôler, même les plus enfouis et les plus insignifiants, le laissant de plus en plus mal en point à chaque fois. Il tenta alors tout pour rester en vie, allant jusqu'à se murer dans une vie à l'écart de la moindre petite tentation et de la moindre émotion. S'il veut vivre, il doit absolument éviter de désirer quoi que ce soit…

Mon opinion sur cette œuvre est partagée. Bien sûr le thème nous ramène à l'éternel combat entre le bien et le mal, ou entre Dieu et Satan si l'on veut être plus catholique. Cependant ce livre n'a pas déclenché chez moi de réelle réflexion intérieure.
Du côté du style littéraire, il est clair que Balzac est un grand auteur. Les sentiments qui traversent Raphaël sont particulièrement bien décrits. J'ai été véritablement transpercé par la déclaration d'amour que se font Raphaël et sa future épouse. D'ailleurs comme le dit André Pieyre de Mandiargues dans sa préface, ce livre est également l'un des plus franchement et violemment romantiques du romantisme français.
Toutefois, à côté de ces descriptions sublimes, il s'en trouvent également un grand nombre qui m'ont semblé beaucoup trop longues et inutiles. Bien sûr ce n'est que mon opinion, mais j'aime les livres dont chaque page est utilisée pour faire avancer le lecteur dans l'histoire ou dans sa réflexion intime, et cette œuvre en contient un peu trop qui sont purement descriptives et n'apportent rien (à mon sens).
En résumé je dirais que l'histoire (et le message) du livre est intéressante sans toutefois être percutante de profondeur, et que le style d'écriture est d'une grande beauté (surtout lorsqu'il s'agit d'amour) mais parfois un peu long et lent.

samedi 11 octobre 2008

"Micromégas & L'Ingénu" de Voltaire

Lecture achevée le 28 septembre 2008

Micromégas est un habitant de Sirius. Comme tous ceux de sa planète, il est infiniment grand, infiniment sage et cultivé. L'étendue de ses connaissances n'a aucune pareille avec la nôtre, et afin de continuer à former son esprit et son cœur il décide d'entreprendre un voyage. Après être passé par Saturne, il arrive sur Terre où il établi le contact avec les minuscules animaux que nous sommes. Il constate avec intérêt que nous sommes doués d'une certaine forme primitive d'intelligence, et entame alors une discussion au sujet de l'âme humaine et de la place de l'homme dans l'univers, au cours de laquelle il s'amuse beaucoup de notre ignorance et de nos préjugés.
La seconde partie de ce livre raconte l'histoire d'un voyageur qui débarqua sur la côté française de Basse Bretagne en l'année 1689. Il venait d'un pays lointain, et avait reçu une éducation primitive et sans préjugé. Il avait sur tout un regard d'enfant, ne croyait que ce qu'il pouvait voir et profitait de chaque moment avec simplicité. On l'appela l'Ingénu. Il rentra très vite en contact avec la haute société française de l'époque, et y fut accueilli chaleureusement car on lui retrouva par chance quelque lien de parenté avec certains habitants de la région. La suite du texte raconte les aventures rocambolesques, discussions et épreuves sentimentales que vécu l'Ingénu dans ce monde nouveau pour lui, et au cours desquelles il jeta constamment un regard ironique sur la société de l'époque. Il s'étonna souvent de leur (notre) façon de se compliquer l'existence au lieu de profiter de la beauté de la vie à chaque instant.
Bien que j'aie une nette préférence pour le premier Micromégas, j'ai aimé ces 2 contes de Voltaire, et ce autant pour la réflexion philosophique sur notre société et sur l'homme qui s'en dégage, que pour le style d'écriture typique de l'époque (18ème siècle) que j'apprécie tant.
Le commentaire de Jaques Van den Heuvel est également intéressant car il permet de se rendre compte que de nombreux passages sont directement inspirés des événements réels et de l'état des connaissances (parfois incomplètes) de l'époque.

mercredi 8 octobre 2008

"Et si c'était vrai..." de Marc Levy

Lecture achevée le 26 septembre 2008

Je voulais me faire ma propre opinion sur Marc Levy!
On en parle tellement sur la blogosphère et ailleurs que je voulais en lire un pour comprendre cet engouement. J'ai donc choisi celui-ci, dont je n'ai lu et entendu principalement que des avis positifs autour de moi.
Il raconte l'histoire d'une jeune femme qui tombe dans un profond coma suite à un accident de voiture. Alors que son corps reste immobile allongé sur son lit d'hôpital en attendant un réveil improbable, elle (ou plutôt "sa conscience", ou "son âme", à vous de choisir) a la faculté de se promener de manière transparente dans les rues de la ville, observant les autres et flottant d'un endroit à l'autre. Elle ère de cette manière pendant plusieurs semaines, jusqu'à ce qu'elle croise un jour le chemin d'un homme et qu'un miracle se produise. Il la voit! Comme si c'était elle en chaire et en os! Il peut même l'entendre et la toucher. C'est alors que commence une histoire d'amour entre cet homme et elle, que personne ne voit sauf lui. L'homme mettra progressivement tout en œuvre pour sauver son amour du coma, abandonnant son travail et ses amis qui le prennent pour un fou tant son histoire est invraisemblable.

Ce roman commence donc de manière un peu fantastique et se transforme rapidement en une aventure sentimentale supportée par une intrigue légère mais bien ficelée dont le dénouement final m'a bien fait sourire (bien trouvé!). Rien à redire. Il est bien conçu, facile à lire et efficace. Les personnages y ont chacun leur personnalité et leur caractère. J'ai apprécié également leur répartie et leur humour. Bon travail Marc.
Personnellement je ne lirai pas d'autre ouvrage de cet auteur car c'est un peu trop commercial et assez loin des livres plus profonds que je recherche en ce moment, mais c'est néanmoins un bon bouquin et je comprends maintenant son succès.

Note: J'ai proposé à mon épouse Stéfanie de lire ce livre pour avoir son avis. Comme je m'y attendais elle n'en a fait qu'une bouchée et l'a beaucoup apprécié. Marc Levy semble tenir là une nouvelle fan…