jeudi 29 décembre 2011

"Les légendes de Brocéliande et du roi Arthur" texte de C.-J. Cuyonvarc'h

Lecture achevée le 22 décembre 2011

"La légende arthurienne est une littérature complète et parfaite" (Christian-J. Guyonvarc’h, professeur honoraire de celtique à l’université de Rennes 2, et spécialiste dans l’étude des textes irlandais médiévaux).
Comme déjà repris dans mes 2 derniers billets, la matière de Bretagne regroupe un ensemble d’œuvres littéraires datant du Moyen Age qui racontent, avec de nombreuses variantes et de fréquentes digressions, les multiples aventures du roi Arthur et de ses chevaliers dans ce qu’il est convenu d’appeler la quête du Graal.
Ce petit livre n’a pour autre objectif que de nous en donner un avant-goût. Après avoir introduit la légende, il reprend quelques uns de ses textes de manière joliment illustrée.

Ce bouquin, à côté des 2 autres lus dernièrement, a finit de me convaincre. Ne m’étant initialement intéressé que par hasard au roi Arthur pour la simple et unique raison que c’est le prénom que j’ai choisi de donner à mon premier fils né en novembre 2009, me voilà maintenant attiré par sa légende qui semble extraordinaire et intéressé de découvrir plus concrètement ses aventures fantastiques. J’en ai donc commandé quelques volumes que je lirai dans les prochains mois. A bientôt donc.

mercredi 14 décembre 2011

"La légende du roi Arthur"

Lecture achevée le 12 décembre 2011

En 410, la Grande-Bretagne fut évacuée par les légions romaines. Alors débuta une période confuse, durant laquelle de petits chefs bretons se combattirent, n’hésitant pas parfois à appeler à leur secours des Barbares – Angles, Justes, Saxons – qui en profitèrent pour s’installer dans l’île, repoussant progressivement les Bretons vers l’Ouest et le Nord. Il semble toutefois que l’avancée saxonne ait connu une pause, au début du VIème siècle : c’est sans doute le souvenir magnifié de cette résistance celte contre les envahisseurs anglo-saxons qui est à l’origine de l’un des mythes littéraires les plus féconds que nous ait légués le Moyen Age : la légende du roi Arthur et des chevaliers de la Table ronde.

Comme mentionné lors de ma précédente lecture, nul ne sait si Arthur a réellement existé. Ce qui est certain, cependant, c’est qu’il a généré une quantité impressionnante d’écrits et de travaux de toutes sortes. Traduits et adaptés dans la plupart des langues, réunis dans de grandes sommes romanesques en prose notamment, les hauts faits des chevaliers de la Table ronde ont largement inspiré les artistes à travers les siècles. Encore aujourd’hui ils sont une source régulière pour nos cinéastes et auteurs contemporains de tous genres, avec par exemple Indiana Jones et la dernière croisade en 1989, le Da Vinci Code en 2003 ou plus récemment la série télévisée Kaamelott diffusée à partir de 2005.

Ce volume, publié sous la direction de Thierry Delcourt, directeur du département des Manuscrits de la Bibliothèque Nationale de France, rassemble les textes d’éminents spécialistes et constitue, par la force de l’analyse autant que par la richesse de son iconographie, un ouvrage de référence indispensable à tous ceux qui s’intéressent à la légende arthurienne.

vendredi 9 décembre 2011

"Le roi Arthur" de Marc Rolland

Lecture achevée le 1er décembre 2011

Par l’entremise de l’enchanteur Merlin, le roi des Bretons Uther Pendragon séduit la femme de son vassal Gorlois de Cornouaille en se faisant passer pour ce dernier. De cette union naît Arthur. Merlin obtient la garde du nouveau-né en récompense de ses services. Il l’éloigne de la cour et assure son éducation. A la mort d’Uther, 15 ans plus tard, son héritier sera celui qui parvient à retirer une épée magique d’une pierre. Tous les seigneurs essaient en vain, et c’est Arthur, surgi de l’obscurité et encouragé par Merlin, qui y parvient. Devenu roi, Arthur doit lutter contre ses rivaux et reçoit de la Dame du Lac une épée magique, Excalibur. Victorieux, Arthur inaugure un règne d’exception, brillant et glorieux, et réunit les meilleurs chevaliers autour de la Table Ronde, en sa capitale de Camelot. On retient les noms de Cai, de Bédivère, Gauvain, Bohort, Tristan, Perceval, Galaad et le plus célèbre, meilleur chevalier d’entre tous, Lancelot. Ces chevaliers partent fréquemment en quête, combattent les méchants, secourent les opprimés et les belles demoiselles. Tous, ou presque, iront à la recherche du Saint-Graal, et beaucoup ne reviendront pas de cette expédition. Cette quête, au demeurant, affaibli la Table Ronde. Plus grave encore, un amour coupable unit la propre épouse d’Arthur, le reine Guenièvre, et son champion Lancelot. Une faction de chevaliers, regroupés autour de son neveu Mordred, révèle l’adultère au roi. Une guerre civile s’en suit, mettant aux prises le souverain et son vassal, achevant d’affaiblir le royaume. Mordred en profite alors pour s’emparer de la couronne. Lors de la bataille de Salesbières, Arthur défait Mordred et le tue mais lui-même, mortellement blessé, est conduit à Avalon par la fée Morgane pour y être soigné. La légende dit que peut-être, un jour, il en reviendra.

Cela résume ce qu’on appelle la “matière de Bretagne”, cad le corpus arthurien médiéval ou plus simplement l’essentiel des romans arthuriens, telle qu’elle est le plus souvent connue du grand public.

Mais qui est Arthur ? A-t-il réellement existé ? Regroupe-t-il plusieurs personnages dont les exploits ont été réunis sous un seul nom ? On est en droit de se poser la question, car toute la mythologie arthurienne apparaît comme emblématique d’un Moyen Age rêvé, chevaleresque et fastueux. Or on ne trouve aucune trace d’un Arthur à cette période de l’histoire. Il semblerait qu’il ait plutôt vécu au V-VIème siècle, ce qui laisserait entendre que toute la couleur locale qui entoure ce roi, sa cour, ses aventures, est fondamentalement anachronique.

Ce mystère, ainsi que les extraordinaires aventures du grand roi Arthur et de ses chevaliers, font de ce personnage un des mythes les plus étudiés et les plus repris de tous les temps, depuis l’Empire romain jusqu’à encore aujourd’hui avec une œuvres telle que Le Seigneur des Anneaux de Tolkien qui s’abreuve copieusement aux sources arthuriennes.

Ce petit bouquin est une très bonne entrée en matière pour celui/celle qui s’intéresse au mythe. Sans aller trop dans les détails, il nous explique son origine et en aborde les principaux thèmes de manière structurée et didactique.

dimanche 2 octobre 2011

"Rituels cathares" de Michel Gardère

Lecture achevée le 30 Septembre 2011

Le catharisme est une légende, un mythe, mais surtout une religion qui se développa au Moyen Age classique et

s’implanta dans le midi de la France. C’était une religion chrétienne, mais qui s’opposait à l’Eglise catholique romaine de l’époque et prônait un retour au modèle de premiers temps du christianisme. Les moines et curés catholiques vivaient dans le luxe et l’abondance, alors que les "bons hommes", représentants de l’Eglise cathare, pratiquaient la pauvreté absolue et travaillaient de leurs mains pour survivre. Ils interprétaient différemment les Ecritures, refusaient certaines croyances et contestaient la doctrine des sept sacrements. Combattu par la papauté, le catharisme suscita notamment deux croisades sanglantes, et s’éteignit au pied de Carcassonne vers le début du XIVème siècle.

Ayant passé mes vacances d’été dans l’Aude cette année, je me suis intéressé à l’histoire des cathares. De nombreux châteaux témoignant de cette époque fascinante peuvent encore être visités aujourd’hui.


vendredi 16 septembre 2011

"La route" de Cormac McCarthy

Lecture achevée le 10 septembre 2011

L’apocalypse a eu lieu. Le monde est dévasté, couvert de cendres et de cadavres. Parmi les quelques survivants, un père et son fils errent sur la route. Il n’y a plus de nourriture, nulle part. Ils sont affamés et surtout terrorisés, car si un autre survivant les croise il voudra les tuer pour les manger. Ils se cachent. Ils ont terriblement froids et sont malades. Ils tentent d’avancer un peu chaque jour vers le sud, en mangeant tout ce qu’ils trouvent, comme des bêtes. Ca fait déjà plusieurs années qu’ils survivent, main dans la main. Le père fait tout ce qu’il peut pour protéger son fils. Quand ils voient un autre survivant, il est parfois obligé de le tuer. Mais il ne veut pas le manger. Son fils non plus. Ils ne veulent pas en arriver là, même s’il n’y a plus d’espoir. Chaque jour ils avancent de quelques centaines de mètres, parfois quelques kilomètres. Mais il n’y a plus rien. Le fils regarde son père dans les yeux. Il essaie de soutenir son regard, de montrer qu’il l’aime plus que tout. Ils mourront bientôt, sûrement. L’espèce humaine mourra, il n’y a pas d’autre issue.

Quel livre terrifiant, tellement touchant. Il m’a été envoyé par ma cousine, qui n’a pas pu le lire jusqu’au bout. Trop noir. En effet, on tourne les pages une à une en se disant qu’enfin il y aura une lueur d’espoir, mais elle ne vient pas. Rien du tout. On assiste au destin horrible de ce père et de son fils, qui meurent un peu plus chaque jour sous nos yeux. Je l’imagine d’une dizaine d’années, tenant la main de son papa en marchant sur la route goudronnée, slalomant entre les cadavres et les carcasses de voiture. Ils se parlent, parfois. Il l’aime à en mourir, comme un père aime son fils (je sais de quoi je parle), mais il ne peut rien faire pour le sauver. Insupportable sentiment d’impuissance. Il se battra jusqu’au bout, sous une douleur intenable ou dans la maladie, mais il n’y a pas d’issue. Ce livre, prix Pulitzer 2007, est rédigé de façon étonnante, sans ponctuation et avec des phrases qui n’en finissent pas. Nos deux héros n’ont pas de nom (tout au long du récit il s’agit de "l’homme" et du "petit"), pas véritablement d’identité. Il s’agit de vous et moi, avec notre fils, assistant impuissants à la fin de tout. Terrifiant, mais sans doute largement réussi car il ne peut pas laisser indifférent.

samedi 6 août 2011

"L'ombre du vent" de Carlos Ruiz Zafón

Lecture achevée le 2 août 2011

Nous sommes à Barcelone. Daniel Sempere est le fils d’un modeste boutiquier de livres. Un matin de 1945, alors que Daniel a 10 ans, son père le réveille à l’aube pour lui faire découvrir un endroit magique : le cimetière des livres oubliés. C’est une sorte de vaste bibliothèque secrète, dissimulée au fond d’un petit chemin perdu entre deux rues de la capitale Catalane. Dans ce labyrinthe de livres qui paraît interminable, la tradition veut que Daniel sélectionne et emporte un volume en particulier, afin qu’il ne soit jamais oublié. Il choisit L’Ombre du Vent de Julián Carax.
Une fois rentré chez lui, Daniel cherche à en savoir plus sur cet auteur qu’il ne connaît pas. Il découvre que son histoire est floue et très mystérieuse. Encore plus étrange, en tentant d’en savoir plus il fait la connaissance de plusieurs personnes qui sont prêtes à lui offrir une petite fortune pour son livre. Il semblerait en effet que ce soit peut-être l’unique exemplaire de tous les livres publiés par cet auteur qui n’ait pas été brûlé au cours des dernières années par un homme défiguré qui parcoure le monde en se faisant appeler Laín Coubert. Daniel décide alors d’enquêter sur cet auteur Julián Carax, et découvre petit à petit une histoire effroyable qui va l’entraîner dans une aventure qui transformera sa vie.

C’est ma petite Maman qui m’a proposé de lire ce roman, qu’elle a trouvé excellent. Je lui en suis reconnaissant, car même s’il est assez éloigné de mes lectures habituelles je peux dire que globalement je l’ai vraiment apprécié. Certains passages traînent un peu en longueur à mon goût, mais dans l’ensemble le texte et l’intrigue sont de grande qualité. Les ambiances sont particulièrement bien décrites. L’auteur nous transporte véritablement dans les rues de Barcelone, nous fait sentir son odeur et voir ses lumières. On s’attache également aux personnages qui semblent vivants, surtout l’original Fermin m’a beaucoup plu. Belle réussite et belle découverte.

lundi 20 juin 2011

"Tristan et Iseult" par René Louis

Lecture achevée le 20 juin 2011

Tristan est un homme brave, loyal et courageux issu d’une noble famille. Après la mort de son père il est recueilli par son oncle, le roi Marc de Cornouaille (Bretagne Armoricaine). Il fait la connaissance de la fille du roi d’Irlande Iseult lors d’une mission un peu particulière, celle de la demander en mariage au nom du roi Marc. C’est lors de leur voyage de retour vers la Bretagne que Tristan et Iseult commettent l’irréparable. Ils boivent à leur insu un philtre d’amour, et tombent éperdument amoureux. C’est alors que commence leur douloureuse histoire, car ils ne peuvent vivre l’un sans l’autre mais n’ont pourtant aucun droit de s’aimer car Iseult est devenue l’épouse du roi Marc entretemps. Pendant des années ils tentent de vivre leur amour en secret mais éveillent malgré eux des soupçons qui transforment leur vie en calvaire, et ce jusqu’au plus tragique des dénouements qui les unira à jamais.

Issue de la tradition orale, l’histoire de Tristan et Iseult est une légende médiévale qui n’a pas vraiment d’auteur original. Plusieurs textes différents ont vu le jour aux XIIème et XIIIème siècles, et ont servi de base à différentes reconstitutions en français moderne dont l’une des plus remarquables d’après l’auteur de la présente édition est celle de Joseph Bédier vers l’année 1900. La version que j’ai lue ici est celle de René Louis éditée en 1972, qui a tenté de mettre d’avantage en valeur les traits de mœurs plus primitifs ou barbares des textes conservés. Il s’agit en fait d’un livre que j’avais dans ma bibliothèque depuis de nombreuses années, car il s’agissait d’une lecture imposée à l’école secondaire (début des années 1990 pour moi), que j’ai eu envie de rouvrir un beau matin de juin 2011. Quelle jolie histoire. Quelle magnifique écriture. J’ai bien apprécié cette lecture mythique et pourtant d’une grande simplicité, un véritable voyage au temps de chevaliers et des légendes du Moyen Age.